Et si donner forme à un animal en papier pouvait aussi te reconnecter à toi-même ?
Ça peut paraître étonnant, dit comme ça. Et pourtant, c’est exactement ce qui se joue derrière chaque sculpture d’animal totem que je vois naître dans mes ateliers. Sous les couches de papier mâché et les coups de pinceau, il y a bien plus qu’un objet décoratif : il y a un chemin, une exploration, parfois même une petite révélation sur soi-même.
Dans cet article, je te propose de plonger dans ce que j’appelle le pouvoir de l’art symbolique, et pourquoi sculpter son animal totem peut devenir bien plus qu’une simple activité créative.
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Qu’est-ce que l’art symbolique ?
L’art symbolique, c’est cette forme d’expression qui va au-delà de la représentation. Ce n’est pas juste « dessiner un animal » ou « faire une jolie sculpture ». C’est utiliser une image, une forme, un geste pour dire quelque chose que les mots ont parfois du mal à exprimer.
La Symbolique de l’animal totem
Le mot « totem » lui-même vient du terme ojibwé doodem, qui désignait à l’origine un clan, un groupe de parenté au sein des peuples autochtones d’Amérique du Nord. Chaque clan portait ainsi l’emblème d’un animal. Un peu comme un nom de famille symbolique reliant ses membres à une lignée et à une identité commune. On retrouve des logiques similaires, bien que différentes dans leurs formes, chez les Aborigènes d’Australie ou chez certains peuples d’Afrique de l’Est. Où l’animal sert de repère sacré entre une communauté et le monde naturel qui l’entoure.
L’idée d’un animal totem personnel — propre à chaque individu et non plus à un clan — est quant à elle plus récente. Elle s’est surtout diffusée au XXe siècle, notamment à travers le néo-chamanisme occidental. Dans ce cadre, le chaman joue un rôle de passeur. Lors de cérémonies rythmées par le tambour, la transe ou la méditation, il ou elle aide la personne à entrer en dialogue avec le monde invisible. Et y « rencontrer » l’animal qui la représente, la guide ou la protège. Cette figure du chaman comme intermédiaire entre le monde visible et une réalité plus subtile a fortement inspiré la manière dont on parle aujourd’hui, en Occident, de « trouver son animal totem ».
Dans mes ateliers, on ne cherche évidemment pas à reproduire une cérémonie chamanique ni à s’approprier une tradition qui ne nous appartient pas. On s’inspire plutôt de cette idée universelle : celle qu’un animal peut incarner une qualité, une force, un instinct que l’on reconnaît en nous, parfois sans même s’en rendre compte.
Symboles et émotions
Ce qui rend le symbole si puissant, c’est justement sa capacité à parler à une autre partie de nous, plus intuitive, moins rationnelle.
Quand on nous explique quelque chose avec des mots, on comprend avec la tête. C’est un raisonnement, une suite logique d’idées. Mais une image, une forme, un objet, s’adressent à nous différemment. Ils ne passent pas par l’analyse. Ils touchent directement, sans détour, une mémoire, une sensation, une émotion. C’est pour ça qu’un simple dessin d’enfant peut parfois nous bouleverser plus qu’un long discours bien argumenté. Un objet chargé de souvenirs peut faire remonter d’un coup toute une période de notre vie.
Le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, qui a consacré une bonne partie de sa vie à étudier cette question, expliquait que les symboles sont une sorte de langage de l’inconscient. Contrairement à un mot, qui a un sens précis et limité, un symbole reste ouvert. Il peut porter plusieurs significations à la fois, et surtout, il résonne différemment selon la personne qui le regarde. C’est exactement ce qui se passe quand on choisit son animal totem. Deux personnes peuvent être attirées par le même animal, pour des raisons totalement différentes, propres à leur histoire.
C’est aussi ce qui explique pourquoi le processus créatif peut faire remonter des émotions ou des prises de conscience inattendues. En donnant forme à un symbole avec ses mains, on ne se contente pas de l’observer de l’extérieur. On le laisse s’exprimer à travers un geste, une couleur, une posture qu’on choisit presque instinctivement. Le résultat nous parle souvent avant même qu’on ait les mots pour l’expliquer.
Pour aller plus loin sur ce sujet, je te recommande « L’Homme et ses symboles » de Carl Gustav Jung. C’est l’ouvrage dans lequel il explique, de façon accessible, sa théorie des symboles et leur lien avec notre inconscient. Écrit à la fin de sa vie avec l’intention de rendre ses idées compréhensibles au grand public, il reste aujourd’hui l’une des meilleures portes d’entrée pour comprendre pourquoi les images et les symboles nous touchent si profondément.

Pourquoi l’animal totem en particulier ?
Choisir un animal qui nous représente n’est jamais totalement anodin. Ce processus, en apparence simple, est en réalité un véritable acte d’introspection.
Pourquoi cet animal-là, et pas un autre ? Qu’est-ce qui m’attire chez lui. Sa force tranquille, sa liberté, sa discrétion, son courage ? Bien souvent, les qualités qu’on admire chez un animal sont celles qu’on porte déjà en nous, parfois sans les avoir pleinement reconnues. Et parfois, c’est l’inverse. On choisit un animal pour ce qu’il nous inspire de devenir.
C’est là toute la richesse de cette étape. Elle nous invite à ralentir, à nous questionner, à observer ce qui résonne vraiment en nous, loin de toute logique ou de toute « bonne réponse » à donner.
Le pouvoir du geste créatif
Pourquoi sculpter, plutôt que dessiner ou écrire ? Parce que sculpter engage le corps autant que l’esprit.
Il y a quelque chose de particulier dans le fait de façonner une matière avec ses mains. Plier le carton, coller le papier, sentir la texture qui se transforme sous nos doigts. Ce geste répétitif et concret nous ancre dans l’instant présent. On ne pense plus à la liste de choses à faire, ni aux tracas du quotidien. On est là, entièrement absorbé par ce qu’on est en train de créer.
Cet état d’immersion, souvent appelé « flow » dans la psychologie de la créativité, est reconnu pour son effet apaisant. Il permet de mettre de côté, ne serait-ce que le temps d’un atelier, l’agitation mentale et l’anxiété du quotidien. Ce n’est pas un hasard si tant de démarches de bien-être intègrent aujourd’hui la création manuelle comme outil de reconnexion à soi.
Sculpter son animal totem, c’est donc bien plus qu’une activité manuelle : c’est un moment suspendu, où l’on se retrouve, une couche de papier mâché à la fois.
Pour aller plus loin sur ce sujet, je t’invite à lire : Façonner l’harmonie : pourquoi la sculpture est un puissant outil contre l’anxiété
🎨 Atelier créatif ou atelier bien-être par la création : quelle différence ?
Dans un atelier purement créatif, l’objectif principal est de créer. Apprendre une technique, expérimenter une matière, développer sa créativité et repartir avec une réalisation. Dans un atelier bien-être utilisant la création comme outil, la création devient un moyen d’explorer ce qui se passe en soi. L’objectif n’est pas de faire « quelque chose de beau » ou de réussir une œuvre, mais de prendre un temps pour soi, exprimer ses émotions, développer la confiance en soi, libérer certaines tensions ou simplement se reconnecter à ses sensations et à son imagination.
Ici, le processus compte davantage que le résultat. Peinture, collage, mouvement, musique ou sculpture deviennent des supports pour mieux se connaître, s’écouter et avancer. Il n’y a donc pas besoin d’être « créatif » ou de savoir dessiner. La création est simplement un langage, un outil de bien-être et d’expression.
Créer, est-ce forcément du bien-être ou de la thérapie ?
On entend souvent que créer seul suffit à faire du bien, voire que c’est une forme de thérapie. Et il est vrai que l’acte de création possède de nombreuses vertus. Il peut permettre de se détendre, de se concentrer, de stimuler l’imagination, de s’évader du quotidien ou encore d’exprimer certaines émotions. Mais créer n’est pas automatiquement faire une thérapie, ni même pratiquer une démarche de bien-être structurée. La différence réside notamment dans l’intention, le cadre et l’accompagnement.
Dans un programme de bien-être ou dans une démarche thérapeutique, la création est utilisée comme un outil au service d’un objectif précis. Mieux comprendre ce que l’on ressent, développer sa confiance, travailler sur ses émotions, prendre conscience de certains mécanismes ou expérimenter de nouvelles façons de penser et d’agir. Les propositions, les consignes, le temps de réflexion et les échanges permettent d’aller au-delà du simple plaisir de créer. La création peut donc faire du bien par elle-même, mais un cadre de bien-être ou une démarche thérapeutique permet d’utiliser ce potentiel de manière plus consciente, structurée et approfondie.
Les étapes du processus : un chemin symbolique

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Le parcours de création suit plusieurs grandes étapes, et chacune porte, à sa manière, une dimension symbolique :
- La recherche du totem : on prend le temps d’écouter ce qui nous appelle, sans se presser.
- La structure et le squelette : on pose les bases, un peu comme on pose les fondations de ce qu’on veut incarner ou développer en soi.
- Le papier mâché : on consolide, couche après couche, avec patience — une belle image de la construction de soi, qui prend du temps et se fait par petites étapes.
- La décoration : on habille l’animal de sa propre couleur, de sa propre identité. C’est souvent l’étape où la personnalité de chacune ressort le plus.
Ce cheminement, du carton et papiers brut à la sculpture achevée, reflète en miroir un cheminement intérieur. On part de quelque chose de brut et on avance, petit à petit, vers une version plus affirmée, plus incarnée de soi.
Un chemin de reconnexion à soi, par l’art et le symbole
Sculpter son animal totem, ce n’est donc pas seulement « faire quelque chose de ses mains ». C’est se donner un espace pour ralentir, s’écouter, et laisser émerger ce qui a parfois besoin de prendre forme pour être compris.
Si cette idée résonne en toi, si tu ressens l’envie de vivre cette expérience de création symbolique à ton tour, le programme Sculpte ton animal totem t’accompagne pas à pas dans ce processus, à ton rythme, avec des ateliers guidés semaine après semaine. RDV ici pour les ateliers et programmes creatifs
Et toi, quel animal t’appelle en ce moment ?
